LHL Associés / Blog / TRANSMISSION : CONJOINT ET ENFANTS, DEUX APPROCHES DIFFÉRENTES
Fév 24, 2026

.

TRANSMISSION : CONJOINT ET ENFANTS, DEUX APPROCHES DIFFÉRENTES

 

 

 

Introduction

Anticiper la transmission de son patrimoine peut permettre de protéger son conjoint, d’aider ses enfants et de réduire les droits de succession. Il existe plusieurs méthodes de donation, chacune adaptée à une situation familiale différente. Pour bien choisir et sécuriser ces transmissions, il est essentiel de comprendre les règles juridiques et fiscales qui s’appliquent en France.

 

1. Qu’est-ce qu’une donation ?

Une donation est un acte par lequel vous transmettez la propriété d’un bien ou d’une somme d’argent de votre vivant à une autre personne, gratuitement. Elle doit être réalisée par acte notarié pour être valable, sauf cas particuliers (don manuel de faible montant).

Conditions principales :

  • Être majeur et sain d’esprit.
  • Posséder la capacité juridique de gérer son patrimoine.
  • L’acte doit être accepté par le donataire.

 

2. Donation au conjoint et protection du partenaire

Donation entre époux

La donation entre époux est un outil puissant pour protéger le conjoint survivant. Elle permet d’augmenter sa part d’héritage au-delà de ce que prévoit la loi en l’absence de donation. Dans le cadre d’un mariage ou d’un PACS, cette stratégie permet :

  • d’accroître les droits du conjoint survivant,
  • d’assurer une présence sur le patrimoine en cas de décès,
  • de bénéficier d’abattements spécifiques.

La donation entre époux peut prendre plusieurs formes, notamment :

  • usufruit total des biens du défunt,
  • part en pleine propriété différente selon la situation familiale.

Elle doit toujours être réalisée par acte notarié pour être valable et peut être intégrée à votre stratégie patrimoniale globale.

 

3. Donation aux enfants : abattements et cadres légaux

Abattements fiscaux

Chaque parent peut donner à chacun de ses enfants une somme exonérée de droits de donation dans la limite de 100 000 € tous les 15 ans par enfant. Au-delà, des droits s’appliquent selon le barème progressif.

Ces abattements se reconstituent tous les 15 ans, ce qui permet de faire plusieurs transmissions au cours de la vie.

Aides spécifiques

La loi de finances récente prévoit également des dispositifs temporaires (ex : abattement pour financer l’achat d’une résidence principale), à utiliser sous certaines conditions avant fin 2026.

 

4. Comprendre la quotité disponible et la réserve héréditaire

La loi française protège certains héritiers, dits héritiers réservataires (en règle générale : enfants et parfois le conjoint), auxquels une part minimale du patrimoine doit revenir.

La quotité disponible – la part que le donateur peut librement transmettre – dépend du nombre d’enfants.

  • 1 enfant : 50 % de la succession peut être donné librement.
  • 2 enfants : 33 % librement.
  • 3 enfants ou plus : 25 % librement.

Ainsi, toute donation doit respecter ces droits : sinon, les héritiers réservataires peuvent contester la transmission après le décès du donateur.

 

5. Types de donations et stratégies complémentaires

Plusieurs formes de transmission anticipée existent :

Donation simple

Transmission d’un bien ou d’une somme à titre gratuit, avec répartition flexible entre héritiers mais dans le respect de la réserve héréditaire.

Donation-partage

Permet de répartir votre patrimoine entre héritiers de façon définitive et équitable. Cela évite des mésententes futures et clarifie la répartition.

Donation en démembrement

Vous pouvez donner la nue-propriété d’un bien à vos enfants tout en conservant l’usufruit (droit d’usage et revenus) durant votre vie. Cette méthode est souvent utilisée pour optimiser fiscalement la transmission.

 

Conclusion : bien choisir sa méthode selon son objectif

La règle des 25 meilleures années n’est ni fausse, ni suffisante.
Donner à votre conjoint ou à vos enfants demande une planification précise et une bonne connaissance des règles de donation et de succession. Les outils comme la donation entre époux, la donation simple, la donation-partage ou encore le démembrement de propriété permettent de protéger les proches, d’optimiser les droits de succession et d’éviter les conflits familiaux.
Il est recommandé de consulter un notaire ou un conseiller en gestion de patrimoine pour établir une stratégie adaptée à votre situation familiale et fiscale.